J’avais prévenu ma femme bien avant.

Je n’aime pas les enfants. Ils sont chiants, chronophages, épuisants, posent des questions idiotes, mentent, tirent les cheveux, hurlent, pleurent pour tout et rien, et la liste n’est pas exhaustive. Si on ajoute à cela le bruit et l’odeur, le père de famille, il devient fou. Malgré tout, ayant deux enfants, et ne retirant rien de ce que j’ai écrit précédemment, je ne regrette pas d’avoir ces monstres auprèsdesquels je peux briller à moindre frais. - Dis Papa, est-ce que tu sais pourquoi le garçon dans la rue est sur son vélo? - Euh.. car il va à l'école. - Pourquoi? - Bah pour apprendre à écrire, lire et compter. - Pourquoi? - Pour plus tard, lire, écrire et compter. - Pourquoi? - Pour avoir un travail. - Pourquoi? - Car dans le système économique dans lequel nous vivons, mêlant capitalisme et régulation macro financière des flux de données principaux en parallax du contrôle par les organisations étatiques et supra-nationales, ça aide. - Ah OK… Qu’ils sont merveilleux. En tant que père, j’admets volontiers ne pas toujours être à la hauteur. - Papa, tu manges quoi? - Une glace. - C’est quoi comme glace?

- Ben&Jerry’s Banane et beurre de cacahuète. - C’est bon? - Ouais… - Je peux en avoir? - Non. C’est une des grandes leçons que m’a apprise la paternité: si tu veux manger un truc sans voir les deux mendiants qui te servent de rejetons débarquer, il faut prévoir de le bouffer en cachette dans la cuisine ou plus confortablement, après qu’ils se soient endormis.On finit d’ailleurs pas développer les réflexes de prisonniers protégeant leur plateau repas. En revanche, les crises au supermarché ne me font même plus le moindre effet. - Papa, je veux l’assiette avec Dora. - Non. - PAPA! JE VEUX L’ASSIETTE AVEC DORA! suivi de hurlements et de roulades par terre. Calmement se mettre au niveau de l’enfant et dire: - Écoute, tu peux hurler, te rouler par terre, pleurer, perso, je m’en fous complètement, ça ne changera strictement rien, tu ne l’auras pas. Donc si tu veux continuer à chialer par terre, ça me dérange pas. Fais-toi plaisir. Annihiler le pouvoir de nuisance d’un enfant, un plaisir à chaque fois renouvelé. « Je peux avoir la télé? » « Je peux avoir l’iPad? » « Je peux avoir Sponge Bob? » « Je peux avoir Frozen? » « J’ai faim » « J’ai soif » « Je veux pas marcher ». Huit années que je suis père, et plus de quatre ans qu’une seconde peine s’est rajoutée à la première. Je peux donc espérer être en libération conditionnelle d’ici une quinzaine d’années, et sans compter une éventuelle remise de peine qui n’existe pas dans la paternité. Ah… je viens d’avoir un appel de mon avocat… apparemment on m’aurait menti, j’aurais pris perpet’ avec les deux.

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