L'hyperémèse gravidique

Aujourd’hui, 15 mai 2019 journée internationale de l'hyperémèse gravitique. Cette pathologie peut connu qu'est l'HG touche 1 femme sur 100 mais qu'est-ce que l'hyperémèse gravidique ?? Environ 30 à 50% des femmes enceintes souffrent de nausées et vomissement qui dure tout le premier trimestre, certes tout cela reste inconfortable mais qui n'ont rien de comparable a celles dont sont victimes les femmes atteintes d'hyperémèse gravidique Aujourd'hui j'aimerais vous donnez mon propre témoignage ... Je m'appelle Jade j'ai 25 ans et je suis mariée depuis presque 3 ans. Comme tout jeune couple , nous rêvions de construire notre famille et depuis 8 mois j'ai découvert le bonheur d’être maman , avec certes un chemin semer d’embûches et de douleurs ... Lorsque j'ai appris ma grossesse je me suis empresser de l'annoncer à mon mari et à notre famille notre joie était intense et à la hauteur de cette nouvelle tant attendu , mais rapidement ma joie à laisser place à la peur , je suis tombée rapidement malade , je ne parle pas de petite nausée et vomissement mais de vomissement gravidique , 20 , 30 ou encore 40 vomissements par jour même en ayant le ventre vide , d’hyper salivation , de ne plus supporter aucune odeur , d'avoir des migraines et vertiges intenses , ne plus pouvoir boire une gorgée d'eau ou manger un petit bout de quelque chose sans le vomir immédiatement , sans avoir des nausées et être prise de vive convulsion. Le moindre effort physique devient impossible , le fait de travailler aussi , ensuite il y a les malaises , les pertes de connaissance et toute les fois où tu tombes sans pouvoir te relever en essayant d'atteindre les toilettes le plus rapidement possible ... Même marcher seule dans la maison était digne d'une épreuve de koh Lanta , même lire ou regarder la TV me demandais trop d’énergie et je me suis enfermer dans une bulle pour essayer de gérer cet état . Pourquoi moi ? Pourquoi ne puis-je pas vivre une grossesse épanouie et heureuse , pourquoi ne puis-je pas aller étudier , travailler , faire des achats pour ce bébé tant attendu mais je n'ai pas le temps de me poser d'autres questions que j'ai le cœur qui explose , mon ventre qui se retourne , je tremble , ma tête tourne , je ne vois plus rien , mes yeux sont empli de larmes , je crois que je vais mourir , comment pourrais-je tenir une journée de plus comme ça ??!! Et puis entre deux convulsions, j'implore Hachem de me retirer ce bébé, pas parce que je ne l'aime pas, bien au contraire depuis que ce petit être vie en moi je ne rêve que de le porter dans mes bras de l'embrasser mais mon corps ne me répond plus, je vomis sans avoir le temps de souffler, je tombe d’épuisement, je n'ai plus de force et .... le noir .

Je me réveille plus tard étaler sur le sol de la salle de bain je ne me souviens pas m'y être allonger mais je n'ai pas le temps de réfléchir mon cauchemar reprend ... en 3 semaines je perdis 16 kg j'étais déshydratée, en dénutrition, hypotension, problème de foie, impossible d'aller à la selle ou même de faire pipi, calcul au rein et a la vésicule biliaire et j'avais de nombreuses autres carences.

Avant ma grossesse je pesais 80 kg et après mon hospitalisation je ne faisais plus que 62 kg !! Puis j'ai rencontré le gynécologue qui m'a sauvé la vie puisqu'une hospitalisation s’imposer. On m'a décelé cette maladie a la 12 ème semaine au stade 4. Avant cela , j'ai été prise en charge 1 semaine à L’hôpital Laniado de Natanya ou se fut une véritable catastrophe , on m'assurer que tout cela était psychologique , que je n'acceptais pas mon bébé et faisais un déni de grossesse , les médecins ont tout simplement cumuler erreur sur erreur et mon état s'est vite dégrader . Je suis alors envoyer par mon gynécologue à l’hôpital Ichilov de Tel Aviv en urgence et a la 12 ème semaine je suis enfin prise en charge et au sérieux. J’y passe 5 mois pleins sans pouvoir bouger sans pouvoir voir la lumière du soleil ...

j'étais tout le temps sous perfusion j'étais obliger de recevoir une bonne dose de zofran (médicament utiliser chez les personnes atteintes de cancer ) puis on m'a mis une sonde mais elle n'a pas tenu , on l'a mise une seconde fois , puis une troisième mais mon corps la rejeter à chaque fois et moi je perdais de plus en plus de poids malgré le soutient des médecins , des infirmières , des diététiciennes , psy .... Puis on m'annonce que mon bébé est trop petit, son poids ne correspond pas à son âge, que son cœur bat trop faiblement et que moi je risque d'y passer, on me propose de faire un IVG. Je renonce si j'ai tenu tout ce temps, si mon bébé et moi nous sommes encore en vie alors je peux continuer après tout nous sommes des combattants, chaque jour je porte la vie en mode survie on me dit que ça va s'arrêter à 3 mois puis a 4, peut être à 5 mois ?!

Et puis au final ça sera jusqu'à l’accouchement. Il y a aussi le regard et les commentaires des gens, tu as l'impression d'être un extraterrestre et tu as le droit a beaucoup de : " la grossesse n'est pas une maladie " "Moi aussi tous les matins je vomissais ça m'empêche pas d'aller bosser " "Moi pendant ma grossesse j'ai perdu 2 kg je pouvais manger que des fruits " "Mais non tout ça c'est psychologique «... Ces commentaires si lourds , on se sent incomprise , puis on culpabilise , on a l'impression d'être un poids pour notre entourage. Mais je ne remercierai jamais assez Hachem de m'avoir donner des parents et un mari en or qui ont su être présent et a l'écoute , qui m'ont soutenu aussi bien physiquement que psychologiquement . Apres 5 longs mois je sors de l'hôpital pour Pessah , je fête ma propre sortie d'Egypte , je redécouvre la vie , le vent qui souffle sur mon visage , le soleil qui me réchauffe , cette sensation de renaissance ... mais ma joie ne sera que de courte durée je continue de faire des aller-retour a l'hôpital , je me fais encore hospitalisée , j'y reste 1 semaine , puis 10 jours je n'oses même plus demander à rentrer à la maison j'ai si peur , je ne veux plus souffrir , je veux juste pouvoir me reposer , parler à mon bébé , le caresser , mais comment prendre soin de moi et de lui si je suis incapable de me nourrir , de rire , de bouger ... je comptes chaque jour qui me sépare de lui ... j'ai eu la chance d'être bien entourer et de ne pas sombrer dans la dépression ni avoir eu recours à l'IVG pour sauver ma vie mais cela arrive fréquemment avec cette pathologie , d'autres femmes moins chanceuse et mal prise en charge perdent leur bébé ou pire trouve la mort ...

A 9 mois de grossesse, a quelques semaines de la délivrance on découvre des signes de pré-éclampsie je suis sous surveillance permanente mais quand cela va-t-il prendre fin ? Quand aurais-je le droit de vivre ma grossesse heureuse ? Quand pourrais-je me faire un vrai repas ? Puis a 41 semaines les premières contractions arrivent c'est le début du travail, quelles douleurs !!

Moi qui croyais avoir tout vu, tout endurer ... mais je dois rester forte et courageuse je peux y arriver. J'essaie de mon mieux de ne pas crier, de ne pas pleurer moi qui est tant souffert je veux juste voir le bout du tunnel. Les contractions auront durer près de 48h et c'est à 41 semaines +2 le jour de Yom kippour que je subis une césarienne d’urgence, mon cœur et celui de mon bébé s’arrête, reprenne ...

C’est une course contre la montre ou plutôt contre la vie ... et en quelques minutes mon fils voit enfin le jour, je peux enfin souffler je veux le voir, l’embrasser, lui dire combien je l'aime et combien je suis fière de lui on a réussi cette si dure épreuve ensemble mais encore une fois je suis déçue, on me le laisse que quelques secondes, un médecin doit d'abord s'occuper de lui, l'examine et vérifie que tout va bien.

De mon côté je dois reprendre des forces je devrais patienter 10 longues heures avant de pouvoir serrer mon bébé.

Nous serons ensuite hospitalisés ensemble pendant encore 2 semaines. On découvre que mon bébé a une petite malformation cardiaque et à la tête, il n'y avait pas assez de sang dans l'utérus ... saleté de maladie ... on fait un ma’akav (suivi) a Ichilov tous les mois. Je décide d'allaiter mais je suis trop faible je veux tirer mon lait et je le ferais pendant 5mois et demi, on me prend pour une folle mais je veux le meilleur pour mon bébé, après tout je suis une guerrière et ce n'est pas ce fichu tire lait qui me fait peur.

Aujourd'hui je suis en VIE je peux dire que je suis une survivante en quelque sorte , je suis une femme et une maman épanouie , débordante d'amour et d’énergie et remplie de reconnaissance envers Hachem et mon entourage , mes parents , mes frères et sœurs et mon formidable mari sans eux je ne sais pas ce que je serais devenu . Je demande conseil a un grand Rav et on m'ajoute un prénom hébraïque Oshrit pour le bonheur. Aujourd'hui je veux rendre hommage à toutes ces femmes qui se battent pour porter la vie , faites-vous confiance , battez-vous et parlez en a un médecin compétant qui connait le sujet ! Voici le lien de l'association française : https://www.irasf.org/2018/12/13/hyperemese-gravidique/ Je souhaiterais rencontrer de mamans souffrant de la même maladie afin qu'ensemble nous puissions créer notre association en Israël. Vous pouvez m'écrire à - jade.part21@gmail.com

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