
Victimes de violences conjugales : comment se protéger en Israël ?

Ce que le droit permet et ce que la comparaison avec le droit français révèle.
En Israël, contrairement à ce que l’on pourrait penser, la protection des victimes de violences conjugales repose principalement sur des mécanismes civils, avec une implication pénale plus limitée qu’en France.Comprendre ces différences juridiques permet aux victimes d’agir plus vite, et souvent plus efficacement, face à l’urgence.
I. En Israël, la protection civile est la clé de l’urgence.
Le principal outil juridique de protection immédiate est la demande d’ordonnance de protection (Protection Order), appelée en hébreu צו הגנה. En matière de violences conjugales, son régime est prévu par la loi sur la prévention des violences conjugales (חוק למניעת אלימות במשפחה, תשנ״א – 1991).
La demande peut être déposée sans avocat et peut émaner de la victime elle-même, d’un membre de sa famille, du conseiller juridique du gouvernement, du procureur ou des services sociaux.
Le tribunal civil, ou dans certains cas le tribunal rabbinique peut délivrer une ordonnance de protection dès lors que l’une des conditions légales est remplie :
►L’existence de violences, de séquestration ou d’infraction sexuelle
►Le comportement représente un réel danger physique ou sexuel
►La personne a continuellement abusé d’un membre de la famille, ou s’est comporté d’une manière qui empêche ce dernier de mener sa vie de manière raisonnable et appropriée.
L’ordonnance de protection peut être demandée sans dépôt de plainte pénale préalable, sur la base d’un risque sérieux, y compris en l’absence de violences physiques avérées.
Le tribunal peut ordonner l’éloignement de l’auteur du domicile, l’interdiction de tout contact ou toute autre mesure nécessaire pour assurer la sécurité de la victime. L’ordonnance est délivrée pour une durée de trois mois renouvelables.
Message essentiel pour les victimes : l’ordonnance de protection n’exige pas de prouver pénalement la violence. Elle vise avant tout à empêcher sa continuation ou la réalisation d’un danger sérieux. Le juge rend sa décision le jour même mais ne audience contradictoire en présence des deux doit en principe avoir lieu par la suite.
Comparaison avec la France : en France, l’ordonnance de protection peut être prononcée pour une durée allant jusqu’à douze mois et est donc plus dissuasive à long terme.
Bon à savoir : la police peut instituer une ordonnance de protection d’une durée de 14 jours maximum, qui ne sera prolongée que par le juge civil.
Cependant, l’intervention policière n’entraîne pas systématiquement de poursuites pénales. La procédure reste largement dépendante de l’appréciation du procureur.
Ainsi cela crée un sentiment de discontinuité : être protégée civilement, sans que la violence soit réellement traitée pénalement.
II. La place limitée de la victime dans la procédure pénale en Israël.
La différence la plus marquante avec le droit français réside dans le fait qu’en Israël, la victime n’est pas partie au procès pénal et ne peut donc pas se constituer partie civile. Elle n’y intervient qu’en qualité de simple témoin, dans le cadre d’une procédure exclusivement menée par l’État.
Elle ne bénéficie, en outre, d’aucune représentation propre. Le parquet est en effet chargé à la fois de défendre les intérêts de l’État et ceux de la victime, alors même que ces intérêts peuvent, dans certaines situations, entrer en conflit.
Si le principe d’opportunité des poursuites pénales, qui laisse au procureur le pouvoir d’engager ou non des poursuites, est comparable à celui retenu en France, la place de la victime demeure, en cas de poursuites, extrêmement limitée.
La demande de réparation du préjudice n’est pas rattachée au procès pénal : elle fait l’objet d’une procédure distincte, portée devant le juge civil, contrairement au système français.
La loi de 2001 relative aux droits des victimes d’infractions (חוק זכויות נפגעי עבירה תשס״א-2001) reconnaît pourtant certains droits, tels que le droit à l’information ou la possibilité d’exprimer un avis. Toutefois, cette loi demeure essentiellement déclarative et :
-
elle ne prévoit pas de sanctions en cas de non-respect,
-
elle n’impose pas de mesures automatiques de protection,
-
elle reste insuffisante face aux violences répétées ou insidieuses.
Check-list pratique pour les victimes en Israël.
1. Demander immédiatement une Protection Order auprès du tribunal.
2. Conserver toutes les preuves : messages, emails, certificats médicaux, témoignages.
3. Signaler toute violation de l’ordonnance à la police.
4. Consulter un avocat spécialisé en droit de la famille et violences conjugales.
5. Se faire accompagner par une association d’aide aux victimes (soutien juridique et psychologique).
6. Anticiper le renouvellement de l’ordonnance de protection avant son expiration.
Johanna Kupfer
Avocate aux Barreaux de Paris et d’Israël
jrk.avocat@gmail.com
Appel à bénévoles :
Dans le cadre de la création d’un projet d’accompagnement des victimes (francophones) de violence familiale et d’agression :
Nous cherchons des bénévoles avec un bon niveau d’hébreu (surtout à l’oral) reparties dans plusieurs villes d’Israël.
Leur rôle sera d’accompagner les victimes dans leurs démarches, à l’hôpital, face à la police et devant le tribunal.
Il s’agit avant tout d’accompagner les victimes et les aider à traduire (uniquement à l’oral) les dépôts de plainte, audience de procédure d’éloignement, rencontre avec les assistantes sociales et les associations d’aide.
Dans le même temps, nous cherchons des juristes et des psychologues volontaires pour assurer la formation et le suivi des bénévoles.
Si vous êtes intéressé(e)s à rejoindre ce projet prenez contact avec Beatrice Coscas Williams - Law@beacw.

FAMILLES ET PERSONNES EN DETRESSE :
VIOLENCE FAMILIALE - INFOS SUPPLÉMENTAIRES ET LISTE DES CENTRES D'ACCUEIL
Centres de soins et d'assistance à court et long terme pour les femmes victimes de violence, les hommes violents et les enfants exposés à la violence.
Ces centres proposent des consultations de thérapie individuelle et / ou de groupe avec des travailleurs sociaux spécialement formés. 67 centres d'assistance fonctionnent à travers le pays sous l'égide des services sociaux dont certains en collaboration avec des associations et autres oprganismes .
Comment s'adresser ?
* De manière individuelle
* En s'adressant aux services sociaux
* En s'adressant au comité de probation
* En s'adressant à la police
* En s'adressant aux services de santé.
* D'autres services d'assistance peuvent également être contactés.
LES SERVICES PROPOSÉS :
* Diagnostic et évaluation des risques et mise en place de modes de protection des victimes .
* Assistance initiale et intervention en cas d'urgence.
* Traitement des victimes, des agresseurs et des enfants exposés à la violence conjugale.
* Intervention dans la communauté dans le domaine de la prévention et de l'information.
* Formation et conseil aux professionnels dans le domaine.
COÛTS :
* Le première consultation est gratuite
* Suivi de la thérapie : Participation symbolique à hauteur des revenus.
Source : Ministère des services sociaux -
משרד העבודה, הרווחה והשירותים החברתיים
Traduit par Tinokland
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25 novembre : journée internationale de lutte contre les violences faites aux femmes.
Pour aider à briser le silence, réagissons ! Témoins de violence, vous avez un rôle fondamental. Ensemble, brisons le silence !
*Ci dessous , rapport en hébreu sur les violences faite aux femmes ( 2025 )

* Ligne d’écoute et de conseils pour les hommes victimes de violence familiale - 1800 39 39 04
* Violence familliale - 1 - 800 - 220 - 000
* Association : Non à la violence !
* En France : Le 3919 est la ligne d’écoute nationale destinée aux femmes victimes de violences : cela signifie qu’une professionnelle (une écoutante) vous répondra et vous apportera une écoute bienveillante, empathique et sans jugement.
Attention , le 3919 n’est pas un numéro d’urgence : si vous êtes en danger immédiat, appelez la police (17) !
Centres d'accueils
°Afoula - Yehoshua Hankin 47
Tel - 04 652 12 46 - 04 652 04 54 - 04 652 04 51
° Arad
Tel - 08 995 16 14
° Ariel
Tel - 03 906 16 60
° Ashdod - Shevet Binyamin 6 Youd B
Tel - 08 867 66 46 - 08 867 67 42
° Ashkélon - Shivat Tsiyon 10
Tel - 08 675 49 50
° Bat Yam - Negba 13
Tel - 03 506 95 63
° Be'er Sheva - Herzl 57
Tel - 08 620 65 80
° Beit Sha'an - Shaoul Ha Melekh 1
Tel - 04 658 62 45 - 04 648 01 82
° Beit Shemesh - Aba Na'amat
02 990 98 45
° Bné Brak - Jabotinsky 14
Tel - 03 619 881 3/4
° Dimona
Tel - 08 657 21 36 - 08 656 31 08
° Eilat
Tel - 08 636 71 38 - 08 636 70 41
° Hadéra - Ha Giborim 67
Tel - 04 630 33 06 - 04 630 37 73
° Haïfa - Yalag 7
Tel - 04 867 77 07
° Hetzliya - Ha Histadrout 4
Tel - 09 955 41 51
° Holon - Pinkhas Lavon 26
Tel - 03 502 57 00 - 03 502 57 01 - 03 504 15 56
° Jérusalem
- Ha Merkaz Lé Shalom Ba Mihpaha Kaplan 2
Tel - 02 581 51 94
- Wizzo Boite postale 3130
Tel - 02 655 11 45
- Pour les Haredim Sdérot Herzl 124
Tel - 02 644 45 66 - 02 644 45 17 -
° Karmiel - Sdérot Keren Kayemet Lé Israël 199
Tel - 04 98 809 76 - 04 958 8 969
° Kfar Saba
Tel - 09 767 60 87
° Kiryat Ata - Pinsker 11
Tel - 04 847 80 65
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Tel - 04 690 53 01 - 04 690 53 01
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Tel - 08 972 61 50 ligne 1
Tel - 08 972 60 00
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Tel - 09 861 18 63 - 09 832 14 81 - 09 882 23 03 - 09 882 65 55
° Petah Tikva - Ha Aliyah Ha-Shinya 1
Tel - 03 905 25 36 - 03 905 25 37
° Ra'anana - Henrietta Szold 2
Tel - 09 761 03 91 - 09 761 03 90
° Ramat Gan - Me'ir Ba'al Ha Ness 12
Tel - 03 674 18 33
° Ramlé - Sdérot Herzl 59
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