L'odeur


Après un accouchement particulièrement douloureux et compliqué (je dirai uniquement : "sans péridurale, bébé de 4 kilos"). J'étais tout simplement à bout de souffle, a bout de force, à bout de tout. Cela avait duré bien plus de 15 heures et les infirmières me refusait une boisson sucrée afin de me réveiller de cette léthargie dans laquelle j'étais tombée après la "délivrance".

Dès que ma fille est sortie (bleue car cordon autour du cou) on me l'a apporté, ma tension à ce moment là avoisinait les 18, j'avais un voile de douleur pendant que la gynécologue me recousait et j'étais complètement à l'ouest. Lessivée de cette terrible expérience je n'arrivais pas à me redresser pour prendre mon bébé dans les bras.

Du peau à peau? Une première tétée ? Même pas en rêve!! je ne pouvais même pas lever mon bras pour la toucher.

Je dis au personnel médical de la donner à ma mère.

Après tout j'allais avoir pour toute une vie à la câliner, ils pouvaient bien la donner 5 minutes à mamie le temps que je me reprenne.

À la suite de mon accouchement marquant et de mon refus de prendre ma fille contre mon sein, Une infirmière légèrement novice en psychologie me dit que je devais sûrement faire un "refus"

Pardon? Moi un refus ? Parce que je n'avais pas la force de me surélever pour la prendre ? Je fus très marquée par ses mots et j'attendais avidement qu'ils me ramène mon bébé après lui avoir donné tout les soins en nurserie.

Et la elle arriva, qu'elle ne fut pas ma stupeur de découvrir qu'elle était mon portrait craché. Les gens ne peuvent tout simplement pas différencier une photo d'elle ou de moi bébé. Ma fille est ma copie conforme en passant par les oreilles décollés et les DEUX tâches de naissance.

Un clone. Un miracle. Je dis un miracle car je ne sais pas si en effet je faisais un refus (ce mot résonnait douloureusement à mon oreille) mais le fait de voir ce petit visage si semblable au mien je me sentais fondre d'amour. Chaque fois que je la voyais je me disais "qu'est ce que ça a été dur, mais ça valait tellement le coup".

Pendant deux jours à la maternité je la prenais contre moi je la caressais et je m'émerveillais de la perfection de ce petit être humain qui peinait à ouvrir les yeux. Au bout du deuxième jour malheureusement suite à l'accouchement je fis une hémorragie particulièrement pénible et douloureuse au point de me demander si j'allais m'en sortir. Cette nuit la l'infirmière de garde me dit qu'elle emmenait ma petiote pour que je puisse dormir car mon état était aggravant et que je devais absolument me restructurer.

Quoi? Mon tout petit bébé qui pleure comme un chaton miaule, qui éternue comme une fée qui chante, on veut l'enlever de moi?

Mais l'infirmière est catégorique je dois absolument me reposer, impossible de me réveiller toutes les 3 heures pour la nourrir. Elle prend donc le petit berceau avec mon bien le plus précieux et je sens qu'elle s'enfuie avec une partie de moi.

C'est la première fois que je vais découvrir cette sensation Le monde n'est pas pareil quand tu n'es pas à coté de moi. Je vais découvrir ce sentiment qu'à chaque maman dans le monde. Quand son enfant n'est pas prêt d'elle, une partie d'elle même part avec lui et surtout un coin dans son cœur se demande à chaque instant si son bébé va bien.

Je me demande donc comment je vais passer cette nuit, sans ouvrir les yeux et la voir respirer dans son petit berceau en plexiglas pour me rendormir ensuite rasséréné. Et la je vois une tâche rose par terre! Son bonnet!! Miracle elle a oublié son bonnet! Je me lève pour le ramasser et tout à coup une odeur me monte au narines. C'est une odeur de paradis, mieux que l'odeur du pain grillé, de la crêpe au Nutella, des marrons chaud, du parfum de mon mari, mieux que la meilleure des drogues. Elle me monte au cerveau, m'enivre, je la respire, je la sniff, je me brûle les sinus avec. Je m'endors avec le petit bonnet sur le visage, il dégage une odeur de perfection, une odeur de vie après la mort, une odeur de miracle, une odeur de ma fille. Je n'ai jamais ressenti cette odeur la, après la première machine elle a disparu. Les scientifiques diront que c'était l'odeur du liquide amniotique qui pour la mère à une odeur olfactive très puissante afin qu'elle soit rattaché à son bébé et qu'elle ne fasse pas de "refus" Je n'en sais rien je sais juste que jamais je n'ai eu autant ma place dans ce monde qu'à l'instant où je respirait cette odeur.

Aujourd'hui ma fille a 8 mois, elle me comble tout les jours, je peux répondre catégoriquement que je n'ai pas fait de refus, j'étais tout simplement épuisée et une mère épuisée et qui n'est pas en parfaite condition ne peut pas donner le meilleur d'elle même pour son enfant.

Pour finir je dirai qu'on frôle la mort pour donner la vie, que je ne suis plus la même depuis, Ma seconde vie s'est arrêté à ce moment là, j'ai découvert que je n'en avait qu'une et que j'allais la passer à aimer ce petit être.

De vous à moi, souvent avant de m'endormir je repense à ce petit bonnet à l'odeur de paradis qui s'en dégageait

À Lya.

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