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Plus tard, tu seras rabbin… ma fille

Pendant longtemps, mon féminisme s’est essentiellement cantonné à la prononciation de quelques phrases du genre « Mais oui, c’est vrai, les femmes devraient être traitées comme les hommes » et autres « Je hais les mecs qui battent leur femme.», ce qui vous donne une idée du niveau de la faiblesse de mon engagement.

Le but essentiel de ce féminisme à deux balles était de montrer à quelques nanas de mon entourage à quel point j’étais un mec formidable, dans le secret espoir de les fourrer dans mon lit.

J’ai, depuis ces années de disette sentimentale, profondément évolué (car la technique du mec féministe pour se faire des filles a un "retour sur investissement" fâcheusement négatif).

La raison de mon féminisme semblera sans doute triviale à certain(e)s, mais je suis papa d’une petite fille, et l’idée qu’une bande de cons - barbus ou pas - ait la moindre envie de lui dire ce qu’elle peut faire ou pas, me donne des envies soudaines de meurtre.

Je suis donc devenu féministe par amour paternel.

Non, ni moi, ni vous, ni eux ne diront à ma fille ce qu’elle pourra faire ou ne pas faire quand elle sera grande. Et pourquoi pas rabbin? Car rien ne l’empêche techniquement de devenir rabbin. Je ne vous parle pas d’un truc libéral à la con, mais un vrai rabbin, orthodoxe, avec la kippa, les tef, le talith et la barb… euh, non, pas la barbe.

Si certains réfractaires à ces changements pointent du doigt qu’avant de penser à faire comme les hommes, les femmes devraient déjà s’assurer d’accomplir les mitsvot qui leur sont dévolues, il faudrait à ce moment-là leur interdire de faire toutes les brakhot, le chema Yisrael, et autre birkat hamazon.

Vous me prenez pour un fou. Je vous rassure, vous avez raison. En revanche lorsque des rabbins orthodoxes se mettent à ordonner des femmes aux USA, ça commence à être intéressant. Maharat? Rabba? Rabbi? Des discussions existent même depuis quelques années sur le terme le plus approprié pour les définir.

Je pourrais résumer ma pensée par cette phrase du rabbin Kanefsky (merci Google): « La chose la plus stupide que fait la communauté orthodoxe est de ne pas avoir des femmes rabbins. C’est un gaspillage de talent intellectuel et spirituel. »

Si vous êtes athées, je ne sais plus si c’est Reiser ou Facebook qui disait que « Les femmes qui veulent être les égales des hommes manquent sérieusement d’ambition. » , mais au nom de quoi une femme n’aurait pas le droit de faire un métier aussi idiot qu’un homme?

N’est-ce pas ça au fond le véritable féminisme? Donner à la femme les mêmes chances qu’à l’homme de démontrer son incompétence? Et surtout sans lui en tenir rigueur par la suite en pointant son absence de pénis?

Lorsque l’on regarde l’histoire du judaïsme, on se rend compte que ce sont les branches sclérosées, celles qui se sont figées comme des pierres qui sont mortes. Le judaïsme est un arbre vivant (je sais, c’est beau), qui ne survit que si de nouvelles branches poussent… et si ses racines restent solidement accrochées.

Nous avons besoin de femmes rabbins pour une seule et véritable raison: car justement il n’y a aucune raison. Si je ne doute pas un instant qu’on y retrouvera le même niveau de compétentes et d’idiotes, on augmente statistiquement les probabilités de tomber sur une Sage… et pourquoi pas ma fille?

De toute façon, nous n’avions pas encore de rabbin dans la famille, et ça fera très bien dans l’arbre généalogique.

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